La mixologie française rayonne sur la scène internationale, portée par des artisans d’exception qui élèvent le cocktail au rang d’art. Parmi eux, Jeremy Lauilhé s’est imposé comme une figure indispensable en décrochant le titre de Meilleur Ouvrier de France 2023 dans la classe barman. Un sacre rare, exigeant, et profondément ancré dans une philosophie du savoir-faire authentique. Voici ce qui distingue les meilleurs artisans de cocktail dans l’Hexagone.
Le titre de Meilleur Ouvrier de France dans la catégorie barman : ce qu’il faut savoir
Depuis 1924, l’examen Meilleur Ouvrier de France récompense les artisans qui poussent leur métier vers l’excellence. Dans la catégorie restauration et hôtellerie, six classes coexistent, dont la classe barman, créée en 2011. Cette reconnaissance officielle de la mixologie française ne se conquiert pas facilement : l’examen ne se tient que tous les 3 à 4 ans, précédé d’épreuves qualificatives sévères.
La finale est redoutable. Chaque candidat doit présenter 5 cocktails signatures pensés et travaillés en amont, plus un cocktail imaginé le jour même. Ce format révèle autant la technicité que la sensibilité créative du barman. La 4ème édition s’est tenue en décembre 2022, avec 8 finalistes français en lice.
La première édition du concours dans la catégorie barmen, en 2011, avait distingué deux lauréats : Stéphane Ginouvès et Maxime Hoerth. Ensemble, ils avaient imaginé un ouvrage de référence regroupant 50 grands classiques, 40 créations originales et 10 cocktails sans alcool. Une base solide sur laquelle la génération suivante a pu construire.
Jeremy Lauilhé, unique lauréat MOF 2023 : un parcours de 15 ans de préparation
Un seul lauréat sur huit finalistes. C’est le résultat éloquent de la 4ème édition du MOF classe barman. Cet unique élu, c’est Jeremy Lauilhé, originaire de Dax, dans les Landes. Il a obtenu sa mention complémentaire barman en 2008 et s’était alors promis de se présenter une seule fois à cet examen — quand il serait vraiment prêt.
Il a tenu parole. Quinze ans de préparation, de terrain, d’expériences accumulées : le lycée hôtelier de Biarritz pour la rigueur, le Mojo Café de Dax pour les premières armes, puis le poste de chef barman à l’Hôtel du Palais à Biarritz. Il a aussi été brièvement président des cafetiers dacquois. Son mentor ? Jean-François Chirpaz, dont l’influence reste palpable dans sa manière d’aborder chaque création.
En 2021, Jeremy fonde Bonbuvant, une société de consulting qui propose des formations pour les professionnels, des prestations chez les particuliers et un accompagnement pour des marques de spiritueux. Sa devise résume tout : « La création n’a de limites que celles que l’on veut bien se fixer ». Son col bleu-blanc-rouge lui a été remis le 20 juin 2023, couronnant une trajectoire bâtie sur l’authenticité et le refus des raccourcis.
Démocratiser l’univers du cocktail : la philosophie et les créations du MOF
Pour Jeremy Lauilhé, l’équilibre est la clé d’un cocktail réussi. Pas seulement pour les initiés — pour 99 % des clients, du plus novice au plus aguerri. Cette exigence d’accessibilité guide chacune de ses créations, sans jamais sacrifier la profondeur gustative.
Pour la finale MOF, le thème « un goût de France » a libéré toute sa créativité. Il a imaginé trois cocktails signatures particulièrement remarqués :
- Orfèvre, pour saluer le travail des viticulteurs et leur lien avec le terroir.
- Héritage, un hommage à son grand-père et à l’armagnac, ancré dans la mémoire des Landes.
- Épure, où Jeremy se glisse dans la peau d’un sommelier des spiritueux, laissant les arômes parler seuls.
Durant l’épreuve, il a réalisé 18 cocktails en 18 minutes, passant en dernier après une attente psychologiquement éprouvante dans les loges. La soutenance devant un jury franco-anglais a achevé ce marathon de précision. Pour sa carte, il a collaboré avec une illustratrice landaise de Carcen-Ponson, au concept volontairement épuré. Son engagement pour la saisonnalité est clair : utiliser des fraises en décembre lui paraît simplement impensable.
Les créations exclusives du MOF pour sublimer un gin bio à l’immortelle
La rencontre entre Jeremy Lauilhé et Christophe a eu lieu à l’Hôtel du Palais à Biarritz. Deux esthètes exigeants, amoureux des belles choses, qui ont décidé de conjuguer leurs univers autour d’un gin bio inspiré par la fleur d’immortelle : Melifera. Son nom vient du nom scientifique de l’abeille noire, Apis Mellifera Mellifera.
Jeremy a imaginé deux cocktails exclusifs. Le premier, L’immortelle Mellona, joue la carte de la fraîcheur : un twist de gin tonic mêlant l’acidité du pamplemousse frais à la douceur d’un sirop de miel et d’un tonic à la fleur de sureau. Ce miel rend hommage à Emmanuel Rathier, apiculteur en abeille noire dont les ruches ont été installées dans le jardin Melifera, sur l’île d’Oléron. Éthel, responsable biodiversité chez Melifera, a transmis à Jeremy toute la profondeur des engagements de la marque en matière de biodiversité.
Le second cocktail s’inspire d’un Negroni : puissant, vineux, aromatique. Réalisé avec le Melifera Edizione Corsa, il intègre un vermouth typique du nord de la Corse et une liqueur de cédrat. Le tout couronné d’un rim de poudre de fleurs d’immortelle et d’herbes du maquis, des arômes sauvages et intenses qui racontent un territoire. Une vidéo a été tournée à Andernos, à l’Hôtel Landerenis, pour mettre en valeur ses gestes précis et l’esthétique de ses créations.
Les concours qui font rayonner les meilleurs bartenders français
Au-delà du titre individuel, tout un écosystème de compétitions nourrit la scène de la mixologie française. Ces concours valorisent le circuit court, le fait maison et la qualité des spiritueux utilisés. Ils révèlent des profils capables de marier technicité et sensibilité au terroir, exactement comme le MOF le fait depuis 2011.
Ces événements s’accompagnent souvent d’ateliers et de masterclasses où les bartenders affinent leur maîtrise technique, découvrent de nouveaux producteurs locaux et échangent sur leur vision de l’éco-responsabilité. Pour le grand public comme pour les professionnels, ce sont des espaces où le cocktail cesse d’être un simple breuvage pour devenir une narration sensorielle.
Jeremy Lauilhé incarne précisément ce rôle de passeur. Via Bonbuvant et son activité de consulting, il transmet son exigence à la prochaine génération de barmans. Retrouver cet esprit artisanal dans un cadre convivial est possible grâce à des acteurs comme https://cosybar.fr/, qui participent à démocratiser la culture du cocktail en France. La passion se partage, le savoir-faire se transmet — et la scène française n’a pas fini de surprendre.
Avez vous bien suivi? :)
Question 1/5
En quelle année la classe barman a-t-elle été créée au sein du concours Meilleur Ouvrier de France ?
L’article précise que la classe barman a été créée en 2011, avec sa première édition distinguant Stéphane Ginouvès et Maxime Hoerth.
Score :
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